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مقال الأمم المتحدة

Santé, alimentation, éducation : le rôle de la coopération onusienne dans les progrès mondiaux

Santé, alimentation, éducation : le rôle de la coopération onusienne dans les progrès mondiaux

Se soigner, disposer d’une alimentation suffisante et apprendre dans de bonnes conditions constituent des fondements du développement humain. Les progrès accomplis dans ces domaines ont transformé les perspectives de nombreuses populations. Ils résultent d’efforts conjoints entre États, agences des Nations Unies, scientifiques, professionnels et acteurs locaux. La coopération onusienne y contribue en rapprochant les connaissances, les ressources et les priorités publiques.

Ces avancées demeurent pourtant inégalement réparties. Des enfants restent éloignés des services de vaccination, des familles peinent à accéder à une alimentation saine et des jeunes poursuivent leur scolarité sans acquérir les compétences attendues. Apprécier le rôle des Nations Unies suppose donc d’examiner leurs contributions concrètes, mais aussi les conditions nécessaires pour que les résultats bénéficient durablement aux populations les moins desservies.

Une expertise internationale au service des politiques nationales

La coopération onusienne prend des formes complémentaires. L’Organisation mondiale de la Santé apporte des références sanitaires et soutient la surveillance des maladies. L’UNESCO accompagne les politiques éducatives et le suivi des engagements internationaux. La FAO contribue à la connaissance des systèmes agricoles et alimentaires. L’UNICEF intervient notamment en faveur de la santé, de la nutrition et de l’éducation des enfants, tandis que le Programme alimentaire mondial associe assistance alimentaire et appui aux dispositifs nationaux.

Ces organisations permettent de partager des connaissances qui seraient plus difficiles à produire ou à mobiliser isolément. Des méthodes communes facilitent la comparaison des situations, l’identification des besoins et l’évaluation des progrès. La coopération peut également soutenir la formation des professionnels, la planification des services et la coordination des partenaires autour de priorités définies avec les pays.

Cette contribution prend son sens lorsqu’elle répond aux réalités nationales. Une recommandation internationale doit être adaptée aux ressources disponibles, à l’organisation administrative, aux langues et aux conditions de vie. Les collectivités, les soignants, les enseignants, les producteurs et les associations participent à cette traduction. Leur expérience permet d’identifier les obstacles que les données globales ne rendent pas toujours visibles.

Les agences ne se substituent donc pas aux gouvernements. Les États conservent la responsabilité de conduire les politiques publiques, d’organiser les services et d’assurer leur financement. L’appui international peut renforcer leurs capacités, mais son efficacité dépend de la cohérence des interventions et de leur continuité. Des projets dispersés, même utiles individuellement, peuvent produire des résultats limités lorsqu’ils ne s’inscrivent pas dans une stratégie nationale.

La valeur de cette coopération se mesure ainsi à ce qu’elle rend possible dans la durée : des équipes mieux préparées, des décisions mieux informées et des services capables de répondre aux besoins. Elle doit aussi permettre aux institutions nationales de conserver les compétences et les moyens nécessaires après la fin d’un appui extérieur.

Des progrès sanitaires à étendre aux populations les moins desservies

L’éradication de la variole demeure l’un des exemples les plus marquants de coopération internationale. Les campagnes de vaccination, la surveillance et la réponse aux foyers épidémiques ont mobilisé les autorités nationales, les scientifiques et les équipes de terrain. En 1980, l’Assemblée mondiale de la Santé a officiellement déclaré la maladie éradiquée. Le programme d’éradication de la variole montre comment une mobilisation coordonnée peut transformer durablement la santé mondiale.

La survie des enfants témoigne également de progrès considérables. Selon les données de l’UNICEF sur la mortalité des moins de cinq ans, le taux mondial a diminué de 60 % entre 1990 et 2024, passant de 93,5 à 37,4 décès pour 1 000 naissances vivantes. Cette évolution reflète des investissements dans les services de santé, la vaccination, les soins aux nouveau-nés et la nutrition. Elle résulte d’une mobilisation collective à laquelle les partenariats internationaux ont contribué.

Ces résultats ne signifient toutefois pas que la protection soit assurée partout. Les estimations publiées par l’OMS et l’UNICEF indiquent qu’en 2025, 13,5 millions d’enfants étaient considérés comme « zéro dose », témoignant de lacunes persistantes dans l’accès à la vaccination de routine. Les données sur la couverture vaccinale rappellent ainsi que les progrès mondiaux peuvent coexister avec des situations locales de forte exclusion.

Atteindre les populations les moins desservies exige davantage que la disponibilité d’un vaccin ou d’un traitement. La distance, les coûts de déplacement, l’insécurité, le manque de personnel et la confiance envers les services influencent le recours aux soins. Les réponses doivent associer des infrastructures adaptées, des approvisionnements réguliers et une communication compréhensible.

La coopération sanitaire gagne donc à renforcer les systèmes de santé dans leur ensemble. Un centre équipé mais dépourvu de personnel ne peut assurer un suivi régulier. De même, une campagne ponctuelle ne remplace pas des services de proximité accessibles. La consolidation des acquis repose sur la capacité à prévenir les maladies, à détecter les difficultés et à accompagner les patients tout au long de leur parcours.

Alimentation et éducation : des avancées qui se renforcent

Les programmes de repas scolaires illustrent les liens entre alimentation, santé et éducation. Ils peuvent améliorer les conditions dans lesquelles les enfants fréquentent l’école et alléger certaines dépenses des familles. Lorsqu’ils s’appuient sur des achats locaux bien organisés, ils peuvent également offrir des débouchés aux producteurs et soutenir l’activité économique des territoires.

Selon le rapport du PAM sur l’alimentation scolaire dans le monde, les programmes nationaux concernaient au moins 466 millions d’enfants en 2024, soit près de 80 millions de plus qu’en 2020. À l’échelle mondiale, 99 % de leur financement provenait des budgets nationaux. Cette proportion souligne le rôle des gouvernements, même si les pays à faible revenu restent davantage confrontés à des contraintes de ressources.

Ces dispositifs ne peuvent toutefois répondre seuls aux difficultés alimentaires. Le rapport des Nations Unies sur l’état de la sécurité alimentaire et de la nutrition dans le monde estime que 645 millions de personnes ont souffert de la faim en 2025. La disponibilité des aliments, leur prix et la capacité des ménages à les acheter restent déterminants.

Il importe également de distinguer une alimentation suffisante d’une alimentation diversifiée et nutritive. Cette articulation est développée dans l’article de l’AMD consacré à la nutrition, à la sécurité alimentaire et à la santé publique. Elle invite à rapprocher les politiques agricoles, sanitaires et sociales plutôt qu’à traiter séparément les besoins des populations.

Dans l’éducation, l’élargissement de l’accès représente une autre avancée majeure. Selon l’UNESCO, les effectifs du primaire et du secondaire ont augmenté de 327 millions d’élèves entre 2000 et 2024. Pourtant, 273 millions d’enfants et de jeunes restaient non scolarisés en 2024. Les données du Rapport mondial de suivi sur l’éducation mettent ainsi en évidence une progression des inscriptions qui n’a pas supprimé les exclusions.

La fréquentation scolaire doit, en outre, déboucher sur des apprentissages effectifs. Disposer d’enseignants formés, de supports pédagogiques et d’un environnement sûr conditionne la qualité de l’enseignement. L’accompagnement des élèves en difficulté et l’accessibilité pour les enfants handicapés participent également à une éducation plus équitable.

La coopération internationale peut soutenir ces efforts en facilitant le partage d’expériences et l’amélioration des politiques éducatives. Mais les réponses doivent tenir compte des besoins des établissements et des communautés. Comme le rappelle l’angle de l’article AMD sur l’éducation et le développement humain, l’investissement éducatif engage les perspectives futures des personnes et des sociétés.

Des services essentiels solides pour préserver les acquis

La santé, la nutrition et l’éducation se renforcent mutuellement. Un enfant régulièrement malade peut rencontrer davantage de difficultés à suivre sa scolarité. Une famille fragilisée par des dépenses de soins peut réduire ses dépenses alimentaires ou éducatives. Ces interactions justifient des politiques coordonnées, capables de prendre en compte les conditions de vie dans leur ensemble.

Cette approche rejoint les Objectifs de développement durable, notamment ceux consacrés à la faim, à la santé, à l’éducation et à la réduction des inégalités. Elle demande des financements prévisibles et une organisation publique qui assure la continuité des services. Construire une école, un centre de santé ou une cantine doit s’accompagner de moyens pour leur fonctionnement, leur entretien et leur adaptation aux besoins.

La dimension environnementale participe à cette continuité. Les difficultés d’accès à l’eau, la dégradation des terres et les événements climatiques extrêmes peuvent perturber la production alimentaire et le fonctionnement des établissements. Des infrastructures résistantes, une gestion attentive des ressources et des mesures de préparation aux crises contribuent à préserver les progrès.

Le suivi doit également dépasser les volumes d’activités. Compter les équipements livrés ou les personnes inscrites reste utile, mais ne suffit pas à apprécier les résultats. Il faut examiner la régularité des services, leur qualité et leur accessibilité pour les ménages les plus éloignés. La participation des communautés permet de mieux identifier les ruptures et d’ajuster les réponses.

Pour l’Association Mondiale pour le Développement, la portée de ces avancées se mesure à leur capacité à améliorer durablement les conditions de vie. Cette exigence suppose de relier les engagements internationaux, les politiques publiques et les initiatives locales. Elle implique aussi de considérer les populations comme des participantes aux décisions qui concernent leur santé, leur alimentation et leur avenir éducatif.

La coopération onusienne a contribué à des progrès majeurs en mobilisant des connaissances, des partenaires et des cadres communs. Leur consolidation repose sur des institutions nationales capables d’en assurer la continuité. L’enjeu est désormais d’étendre ces acquis aux personnes qui restent à l’écart, tout en donnant aux pays les moyens de préserver les résultats obtenus.

Morgan CHOKI