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Déclaration du président exécutif de l'Association Mondiale pour le Développement à l'occasion de la journée internationale de l’accès universel à l’information

Faire de l’accès à l’information un véritable pouvoir d’agir

Notre époque n’a jamais produit, diffusé et partagé autant d’informations. Les technologies numériques ont considérablement réduit les distances, accéléré la circulation des connaissances et ouvert de nouvelles possibilités d’accès aux services, aux institutions et au débat public.

Pourtant, cette abondance ne signifie pas que chacun dispose effectivement de l’information dont il a besoin.

En cette Journée internationale de l’accès universel à l’information, l’Association Mondiale pour le Développement considère qu’une question fondamentale doit guider notre réflexion : l’information disponible atteint-elle réellement les populations, sous une forme qu’elles peuvent comprendre, vérifier et utiliser pour améliorer leurs conditions de vie ?

L’accès à l’information est indissociable du développement.

Connaître ses droits, comprendre une procédure administrative, accéder à une information sanitaire, découvrir une possibilité de formation, identifier un programme public, connaître les conditions d’accès à un financement ou disposer d’informations utiles à une activité économique peut modifier concrètement la trajectoire d’une personne, d’une famille ou d’une communauté.

L’information ne constitue donc pas seulement une ressource documentaire. Elle permet d’exercer un droit, de prendre une décision, d’accéder à un service, de saisir une opportunité et de participer à la vie de la société.

Mais un droit reconnu dans les textes perd une partie de sa portée lorsque son exercice demeure difficile.

Les inégalités d’accès à l’information persistent entre territoires, entre catégories sociales et entre populations disposant de capacités numériques très différentes. Elles sont particulièrement visibles dans les zones rurales, où l’éloignement des administrations, l’insuffisance des infrastructures, le coût de la connectivité, la complexité des procédures, les barrières linguistiques ou encore le manque de dispositifs de proximité peuvent empêcher les citoyens d’obtenir simplement une information pourtant essentielle à leur développement.

Cette réalité nous oblige à dépasser une conception uniquement formelle de l’accès universel.

Rendre l’information publique disponible ne suffit pas. Il faut également la rendre accessible.

Cela suppose des procédures plus simples, des administrations plus proches des citoyens, des mécanismes d’information adaptés aux réalités locales, des contenus compréhensibles et des canaux diversifiés. Là où l’accès numérique reste limité, les dispositifs physiques, communautaires, radiophoniques et autres moyens de proximité doivent continuer à jouer pleinement leur rôle.

La transformation numérique constitue à cet égard une opportunité considérable, mais elle ne doit pas devenir une nouvelle source d’exclusion.

Lorsqu’une démarche essentielle est transférée exclusivement en ligne sans que toutes les populations disposent de la connexion, des équipements ou des compétences nécessaires pour l’effectuer, la modernisation peut involontairement éloigner certains citoyens des services auxquels elle devait faciliter l’accès.

Le progrès technologique doit donc être évalué aussi à partir de sa capacité à réduire les distances entre l’information et les populations.

Mais notre époque fait face à une seconde difficulté.

À côté de ceux qui manquent encore d’informations essentielles, des millions de personnes évoluent désormais dans un environnement caractérisé par une multiplication permanente des contenus, où informations fiables, opinions, manipulations, rumeurs et contenus trompeurs peuvent circuler simultanément.

Nous faisons ainsi face à un paradoxe : certains citoyens manquent d’informations utiles tandis que d’autres sont confrontés à une abondance d’informations dont la fiabilité devient difficile à établir.

C’est pourquoi l’intégrité de l’information doit désormais accompagner toute réflexion sur son accessibilité.

Le droit à l’information doit permettre d’accéder à une information fiable, compréhensible, vérifiable et disponible au moment où elle est nécessaire. Sans ces conditions, l’information peut perdre sa fonction d’éclairage et, dans certaines circonstances, contribuer au contraire à la confusion, à la défiance ou à des décisions préjudiciables.

Pour l’Association Mondiale pour le Développement, l’accès universel à l’information repose ainsi sur quatre exigences indissociables : la disponibilité, l’accessibilité, la compréhension et la fiabilité.

Cette responsabilité est collective.

Les pouvoirs publics doivent renforcer la transparence et simplifier les mécanismes permettant aux citoyens d’obtenir l’information. Les collectivités et les institutions de proximité doivent contribuer à rapprocher celle-ci des communautés. Les médias ont une responsabilité essentielle dans la production et la vérification de l’information. Les acteurs du numérique doivent prendre en considération les effets des environnements informationnels qu’ils structurent. L’éducation, enfin, doit permettre aux citoyens de développer progressivement les compétences nécessaires pour rechercher, comprendre et apprécier les informations auxquelles ils sont exposés.

Une attention particulière doit être accordée aux personnes qui risquent de demeurer en marge de cette évolution : populations rurales, personnes vivant dans des territoires insuffisamment desservis, personnes en situation de handicap, citoyens confrontés à des barrières linguistiques, économiques ou éducatives.

Car l’universalité ne se mesure pas à la quantité d’informations mises en circulation. Elle se mesure à la capacité du dernier citoyen à accéder à l’information dont il a besoin.

En cette Journée internationale, l’Association Mondiale pour le Développement appelle donc à faire évoluer les politiques d’accès à l’information vers des systèmes plus simples, plus inclusifs, plus proches des populations et mieux adaptés aux transformations numériques.

Notre ambition collective doit être claire : faire en sorte que le lieu de résidence, le revenu, le niveau d’éducation, la langue ou la maîtrise des technologies ne déterminent plus la capacité d’une personne à connaître ses droits, accéder aux services qui lui sont destinés ou participer aux décisions qui concernent son avenir.

Car lorsqu’un citoyen peut accéder à une information fiable, la comprendre et l’utiliser, l’information cesse d’être seulement disponible : elle devient un véritable pouvoir d’agir et un instrument de développement.

 

Journée internationale de l’accès universel à l’information
28 septembre 2026

Président exécutif

Hugues B. GNIMADI

Association Mondiale pour le Développement — AMD
ŒUVRONS POUR UN PROGRÈS DURABLE