Nations Unies
Actions qui comptent

Déclaration du Président exécutif de l’Association Mondiale pour le Développement à l’occasion de la Journée des Nations Unies

Déclaration du Président exécutif de l’Association Mondiale pour le Développement à l’occasion de la Journée des Nations Unies

Faire du multilatéralisme une force de progrès pour les peuples

Il y a quatre-vingt-un ans entrait en vigueur la Charte des Nations Unies.

Dans un monde profondément marqué par la guerre, les États faisaient alors le choix de construire un espace où leurs différends pourraient être confrontés à des règles communes, où la paix pourrait être organisée collectivement et où la coopération deviendrait un instrument du progrès humain.

Cette décision a profondément marqué l’ordre international.

Au fil des décennies, les Nations Unies ont offert un cadre à la négociation entre les États, au développement du droit international, à la promotion des droits humains, à l’action humanitaire et à la définition d’ambitions communes en matière de développement.

Elles ont également permis de faire émerger une idée devenue fondamentale : certains défis dépassent les frontières et ne peuvent être durablement traités par les nations agissant seules.

La paix, les pandémies, les changements climatiques, les déplacements de populations, la sécurité alimentaire, les inégalités ou encore le financement du développement en apportent aujourd’hui une démonstration quotidienne.

Le multilatéralisme reste nécessaire parce que les interdépendances du monde rendent l’action collective indispensable.

Cette nécessité ne dispense cependant pas les institutions internationales d’une interrogation sur leurs résultats.

Le monde de 2026 n’est plus celui de 1945.

Les équilibres démographiques, économiques et géopolitiques ont changé. De nouveaux acteurs participent au développement. Les technologies transforment les sociétés. Les crises traversent plus rapidement les frontières et touchent simultanément plusieurs dimensions de la vie des populations.

Les institutions conçues pour organiser la coopération doivent donc être capables d’évoluer avec les réalités qu’elles ont vocation à servir.

La question n’est pas de choisir entre préserver le multilatéralisme et le transformer.

Elle est de savoir comment le renforcer pour qu’il demeure légitime, représentatif et capable d’agir.

Cette exigence concerne notamment la place accordée aux différentes régions du monde dans les mécanismes de décision, la participation des pays en développement, l’écoute des jeunes, des femmes, de la société civile et des communautés, ainsi que la capacité des institutions à traduire leurs décisions en actions concrètes.

Une coopération internationale éloignée des réalités vécues finit par perdre une partie de sa force.

Les engagements mondiaux prennent leur véritable dimension lorsqu’ils franchissent la distance qui sépare les salles de négociation des conditions de vie des populations.

Cette exigence est particulièrement importante pour le développement durable.

Les Objectifs de développement durable ont donné à la communauté internationale une direction commune. Leur réalisation dépend cependant moins de leur formulation que de la capacité à mobiliser les financements, les institutions, les compétences et les politiques nécessaires pour produire des changements mesurables.

Une décision internationale sur l’éducation prend tout son sens lorsqu’un enfant peut effectivement entrer à l’école et y rester.

Un engagement en matière de santé devient concret lorsqu’une population accède à des services de qualité.

Une ambition climatique acquiert sa portée lorsque les communautés exposées disposent des moyens de prévenir les risques, de s’adapter et de protéger leurs moyens de subsistance.

Un accord sur le développement produit sa valeur lorsque les populations voient s’élargir leurs possibilités économiques et sociales.

Il faut donc continuer à rapprocher les engagements internationaux de leur mise en œuvre.

Cette responsabilité appartient d’abord aux États, mais elle engage également les organisations internationales, les collectivités, les institutions financières, le secteur privé, les organisations de la société civile et les acteurs du développement.

Chacun intervient à un niveau différent, mais tous participent à la même chaîne qui relie la décision internationale au résultat local.

C’est à cette articulation que doit être accordée une attention particulière.  Le multilatéralisme doit rester un instrument au service des peuples.

Sa réussite ne devrait pas être appréciée uniquement au nombre de résolutions adoptées, de conférences organisées ou d’engagements formulés. Elle doit également être évaluée à partir des progrès qu’elle permet de rendre possibles : davantage de paix, de droits, de santé, d’éducation, de sécurité économique, de résilience et de perspectives.

Cette exigence suppose également de reconnaître les insuffisances.

Les conflits persistent.

Les inégalités restent profondes.

Des communautés demeurent éloignées des services essentiels.

De nombreux pays affrontent des contraintes financières qui réduisent leur capacité à investir dans leur propre développement.

Et les avancées obtenues peuvent être rapidement fragilisées par une guerre, une catastrophe, une crise économique ou une urgence sanitaire.

Ces réalités ne rendent pas la coopération internationale moins nécessaire.

Elles rendent son amélioration plus urgente.

Le véritable enjeu n’est pas de savoir si le monde a encore besoin du multilatéralisme, mais de déterminer comment celui-ci peut mieux répondre aux besoins d’un monde qui a profondément changé.

Cela implique une gouvernance internationale plus représentative, des mécanismes plus efficaces, une meilleure redevabilité et une capacité accrue à écouter les populations auxquelles les décisions sont destinées.

Cela implique également de préserver ce qui demeure essentiel depuis 1945 : la recherche de la paix, le respect du droit, la dignité humaine et la conviction que la coopération peut permettre aux nations d’accomplir ensemble ce qu’aucune ne peut durablement réaliser seule.

La Journée des Nations Unies n’est donc pas seulement l’anniversaire d’une institution.

Elle est l’occasion d’interroger la qualité de notre coopération internationale et la distance qui demeure entre les ambitions collectives et les réalités vécues.

Pour l’Association Mondiale pour le Développement, cette distance doit continuer à se réduire.

Le multilatéralisme trouve sa justification la plus forte lorsqu’il transforme la coopération entre les nations en possibilités nouvelles pour les populations.

Faire vivre l’esprit des Nations Unies aujourd’hui, c’est faire en sorte que la paix, les droits et le développement cessent d’être seulement des engagements partagés pour devenir des progrès durablement vécus par les peuples et les communautés.

Journée des Nations Unies
24 octobre 2026

Président exécutif

Hugues B. GNIMADI

Association Mondiale pour le Développement — AMD
Œuvrons pour le développement durable des peuples et des communautés.