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Actions qui comptent

Déclaration du Président exécutif de l’Association Mondiale pour le Développement à l’occasion de la Journée mondiale d’information sur le développement

Déclaration du Président exécutif de l’Association Mondiale pour le Développement à l’occasion de la Journée mondiale d’information sur le développement

Rendre le développement compréhensible pour le rendre réellement partagé

Le développement ne se construit pas uniquement par des politiques, des financements ou des infrastructures. Il dépend aussi de la capacité des populations à comprendre les transformations qui les concernent, à connaître les objectifs poursuivis, à mesurer les résultats obtenus et à participer aux choix qui orientent leur avenir.

C’est toute la portée de la Journée mondiale d’information sur le développement. Elle rappelle que l’information ne constitue pas un élément périphérique de l’action publique. Lorsqu’elle est accessible, fiable et compréhensible, elle rapproche les citoyens des enjeux du développement et permet aux décisions collectives d’être mieux comprises, discutées et suivies.

Un programme de développement peut mobiliser des ressources importantes sans produire une véritable appropriation par les populations si celles-ci ignorent ses objectifs, les résultats attendus, les conditions de mise en œuvre ou les responsabilités des différents acteurs. L’absence d’information crée alors une distance entre l’action institutionnelle et ceux auxquels elle est destinée. 

Cette distance peut fragiliser la confiance. Lorsqu’une population ne sait pas pourquoi une réforme est engagée, comment un projet est financé ou quels résultats doivent en être attendus, les incompréhensions se multiplient. À l’inverse, une information claire permet de mieux expliquer les arbitrages, de rendre visibles les progrès, mais aussi de reconnaître les difficultés et les limites rencontrées.

Informer sur le développement ne consiste donc pas uniquement à présenter ce qui a été réalisé. Il s’agit aussi de permettre à chacun de comprendre ce qui devait l’être, ce qui reste à accomplir et pourquoi.

Cette exigence concerne directement la qualité de la gouvernance.

La redevabilité suppose que les institutions puissent rendre compte des engagements pris, des ressources mobilisées et des résultats obtenus. Mais cette responsabilité ne peut réellement s’exercer que si les informations nécessaires existent, sont accessibles et peuvent être comprises par ceux qui souhaitent évaluer l’action publique.

Publier une donnée ne suffit pas toujours à informer.

Des documents trop techniques, des indicateurs dépourvus d’explication ou des informations difficilement accessibles peuvent être juridiquement publics tout en restant pratiquement inutilisables pour une grande partie de la population.

L’information sur le développement doit donc être pensée à partir de son utilité.

Elle doit permettre de répondre à des questions concrètes : quel problème cherche-t-on à résoudre ? Quelles populations sont concernées ? Quels moyens ont été engagés ? Quels résultats ont été obtenus ? Quels écarts subsistent ? Quelles décisions doivent encore être prises ?

Cette approche donne aux données une fonction différente. Elles ne servent plus uniquement à produire des rapports institutionnels. Elles deviennent des instruments permettant de suivre les transformations réelles.

La disponibilité d’informations fiables est particulièrement importante pour le développement durable, dont les objectifs couvrent des domaines aussi différents que la pauvreté, la santé, l’éducation, l’égalité, l’emploi, l’environnement ou les infrastructures.

Sans données suffisantes, il devient difficile de déterminer où les progrès sont réels, où ils ralentissent et quelles populations restent encore à l’écart.

Les moyennes nationales peuvent notamment masquer des écarts considérables entre territoires, catégories sociales ou groupes de population. Une amélioration globale peut coexister avec des situations de stagnation ou de recul qui restent invisibles lorsqu’elles ne sont pas correctement documentées.

L’information permet alors de rapprocher les politiques publiques des réalités qu’elles cherchent à transformer.

Elle est également indispensable à la participation.

Une population ne peut contribuer pleinement à une décision si elle ne dispose pas des éléments nécessaires pour en comprendre les enjeux. Informer avant une consultation, expliquer les différentes options, présenter leurs conséquences et communiquer ensuite sur les décisions prises permet de donner davantage de substance à la participation citoyenne.

Cette participation ne signifie pas que chaque politique doive être décidée par consensus. Elle signifie que les citoyens doivent pouvoir comprendre les choix publics, exprimer leurs préoccupations et disposer d’éléments suffisamment solides pour contribuer au débat.

La qualité de l’information devient ainsi une condition de la qualité de la participation.

Cette responsabilité ne relève pas uniquement des gouvernements.

Les organisations internationales, les institutions de développement, les collectivités, les chercheurs, les médias et les organisations de la société civile participent tous à la production et à la diffusion d’informations sur les enjeux économiques, sociaux et environnementaux.

Chacun doit veiller à la fiabilité des informations qu’il diffuse.

La multiplication des canaux numériques rend cette exigence encore plus importante. L’accès à l’information s’est considérablement élargi, mais cette abondance facilite également la circulation de données inexactes, de contenus sortis de leur contexte ou d’interprétations qui peuvent compliquer la compréhension des enjeux de développement.

La rapidité de diffusion ne doit donc jamais remplacer la rigueur.

Les institutions ont la responsabilité de produire une information vérifiable, suffisamment contextualisée et adaptée aux publics auxquels elle s’adresse. Elles doivent également corriger rapidement les informations erronées lorsqu’elles peuvent influencer la compréhension d’une politique ou d’un enjeu majeur.

Cette exigence s’applique particulièrement aux jeunes.

La résolution ayant institué cette journée accordait déjà une place importante à leur sensibilisation aux enjeux du développement. Cette ambition demeure profondément actuelle. Dans un environnement saturé d’informations, former les jeunes à comprendre les données, à identifier les sources et à replacer les faits dans leur contexte constitue une véritable compétence de développement.

L’information doit également mieux circuler entre l’échelle internationale et les réalités locales.

Les grands engagements mondiaux peuvent parfois paraître éloignés du quotidien des populations. Les Objectifs de développement durable, les accords internationaux ou les stratégies nationales prennent pourtant tout leur sens lorsqu’ils peuvent être reliés à des réalités concrètes : accès à l’eau, qualité des écoles, emploi des jeunes, état des routes, coût des soins, production agricole ou protection des ressources naturelles.

Faire comprendre cette relation permet de rapprocher les agendas internationaux des préoccupations quotidiennes.

Cela permet aussi aux communautés de situer leurs propres difficultés dans des dynamiques plus larges et d’identifier les instruments susceptibles d’y répondre.

Pour l’Association Mondiale pour le Développement, l’information sur le développement doit ainsi remplir trois fonctions essentielles : faire comprendre, permettre de participer et rendre possible l’évaluation des résultats.

Elle ne doit pas devenir une communication destinée uniquement à valoriser l’action institutionnelle. Une information crédible doit pouvoir montrer les avancées sans dissimuler les insuffisances, présenter les résultats sans effacer les écarts et expliquer les ambitions sans transformer les objectifs en réalisations déjà acquises.

Cette exigence de sincérité renforce la confiance.

Elle permet aussi d’améliorer l’action publique, car reconnaître les difficultés constitue souvent la première étape permettant de les corriger.

Le développement durable suppose précisément cette capacité à apprendre, ajuster et rendre compte.

Les politiques qui produisent des résultats doivent pouvoir être comprises et reproduites. Celles qui n’atteignent pas leurs objectifs doivent pouvoir être examinées. Les populations qui restent à l’écart doivent pouvoir être identifiées. Les ressources doivent pouvoir être suivies jusqu’aux résultats qu’elles étaient censées produire.

L’information devient alors une infrastructure invisible du développement : elle relie la décision, l’action, la participation et la responsabilité.

En cette Journée mondiale d’information sur le développement, l’Association Mondiale pour le Développement appelle donc les institutions publiques, les partenaires internationaux, les acteurs économiques, les médias et la société civile à renforcer la qualité, l’accessibilité et l’utilité des informations consacrées au développement.

Il faut mieux documenter les besoins, expliquer les politiques, publier les résultats, rendre les données compréhensibles et permettre aux populations d’en faire usage.

Un citoyen mieux informé peut davantage comprendre ce qui se décide en son nom, apprécier les résultats obtenus et participer aux choix qui engagent son avenir.

Le développement devient véritablement partagé lorsque les populations ne sont plus seulement destinataires de politiques, mais disposent également des informations nécessaires pour en comprendre le sens, en suivre les résultats et contribuer à leur amélioration.

Faire de l’information un outil de connaissance, de participation et de responsabilité, c’est renforcer les conditions d’un développement plus transparent, plus inclusif et plus durable.

24 octobre 2026

Président exécutif

Hugues B. GNIMADI

Association Mondiale pour le Développement — AMD
Œuvrons pour le développement durable des peuples et des communautés