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Actions qui comptent

Déclaration du président exécutif de l'Association Mondiale pour le Développement à l'occasion de la journée internationale de la paix

Investir dans la paix avant d’avoir à reconstruire

Il existe un paradoxe que notre époque ne peut ignorer.

Nous connaissons le coût humain des guerres. Nous savons ce qu’elles font aux économies, aux institutions, aux familles et aux générations. Nous savons également que leurs conséquences franchissent les frontières et peuvent se prolonger longtemps après la cessation des combats.

Et pourtant, trop souvent, la paix mobilise pleinement notre attention lorsqu’elle est déjà rompue.

À l’occasion de la Journée internationale de la paix 2026, placée sous le thème « Investir dans la paix – Pour tous, partout, chaque jour », l’Association Mondiale pour le Développement appelle à déplacer notre regard : la paix ne doit pas seulement être recherchée lorsque la violence éclate. Elle doit être préparée, soutenue et entretenue dans la durée.

L’urgence de cette réflexion apparaît dans les réalités de notre temps.

À la fin de 2025, 117,8 millions de personnes étaient déplacées de force dans le monde. Dans les économies affectées par les conflits ou l’instabilité, 421 millions de personnes vivaient avec moins de 3 dollars par jour. La même année, 266 millions de personnes dans 47 pays et territoires étaient confrontées à des niveaux élevés d’insécurité alimentaire aiguë.

Ces chiffres disent une partie du coût des conflits.

L’autre partie se lit dans les écoles qui cessent de fonctionner, les systèmes de santé fragilisés, les emplois et moyens de subsistance perdus, les familles séparées, les institutions affaiblies et les communautés dont l’avenir devient incertain.

Elle se lit aussi au-delà des pays en guerre.

Lorsqu’une population est contrainte de fuir, lorsque les échanges sont perturbés, lorsque les systèmes alimentaires sont déstabilisés ou que les besoins humanitaires augmentent brutalement, les conséquences se déplacent avec la crise.

Des pays voisins accueillent des populations déplacées. Des collectivités doivent adapter leurs services. Des besoins supplémentaires apparaissent en matière de santé, d’éducation, de logement, de protection et d’emploi. Des économies et des communautés qui ne participent pas au conflit peuvent néanmoins en ressentir les effets.

Les frontières peuvent contenir un territoire. Elles ne contiennent pas toujours les conséquences d’une guerre.

C’est pourquoi la paix est bien davantage qu’une question de cessation des hostilités.

Faire taire les armes demeure une nécessité absolue. Mais une société ne retrouve pas automatiquement la paix parce que les combats cessent.

Il faut parfois reconstruire des infrastructures. Rétablir des services publics. Relancer une économie. Restaurer des moyens de subsistance. Accompagner les populations déplacées. Réparer des liens sociaux profondément altérés. Rétablir la confiance entre les citoyens et les institutions.

Et surtout, il faut éviter que les fragilités qui demeurent ne préparent les violences de demain.

C’est à cet endroit précis que paix et développement durable se rejoignent.

Le développement ne remplace ni la diplomatie, ni la médiation, ni les mécanismes politiques nécessaires au règlement des conflits. Il ne peut davantage garantir, à lui seul, l’absence de violence.

Mais il participe à la construction des conditions dans lesquelles une paix durable peut prendre racine.

Une population qui accède à l’éducation, aux soins, à la justice et à des perspectives économiques dispose de davantage de possibilités pour construire son avenir.

Des institutions capables de servir les populations, de protéger les droits et de traiter les différends renforcent la confiance nécessaire à la stabilité des sociétés.

Des femmes et des jeunes qui participent réellement aux décisions, aux mécanismes de dialogue et aux processus de reconstruction apportent des capacités indispensables à la prévention et à la consolidation de la paix.

Des communautés capables de résister aux crises sans perdre l’ensemble de leurs acquis disposent de meilleures bases pour se relever.

Investir dans la paix revient ainsi à agir sur toute sa trajectoire.

Il faut agir suffisamment tôt pour réduire les risques de rupture.

Il faut préserver la dignité humaine et les fonctions essentielles des sociétés lorsque la violence survient.

Il faut accompagner le relèvement lorsque les combats prennent fin.

Et il faut continuer d’investir lorsque l’urgence médiatique disparaît, afin que la reconstruction puisse devenir une paix durable.

Cette continuité est essentielle.

Car une partie du coût des conflits est immédiate. Une autre est différée.

Un enfant privé durablement d’éducation peut en porter les conséquences pendant toute sa vie. Une famille déracinée peut rester déplacée pendant des années. Une économie profondément désorganisée peut mettre longtemps à retrouver ses capacités. Des institutions fragilisées peuvent perdre durablement la confiance des populations.

La paix concerne donc autant les générations présentes que celles qui hériteront des choix que nous faisons aujourd’hui.

Pour l’Association Mondiale pour le Développement, cette réalité donne au développement une responsabilité particulière.

Notre rôle n’est pas de nous substituer aux États, aux institutions internationales ou aux mécanismes diplomatiques chargés de prévenir et de régler les conflits.

Notre responsabilité est d’agir là où notre mission peut produire une contribution réelle : renforcer les capacités humaines, sociales et institutionnelles qui permettent aux populations de résister aux crises, de se relever et de poursuivre leur développement.

Cela passe par l’éducation et le développement humain.

Par l’autonomisation des femmes et des jeunes.

Par le renforcement des capacités et des institutions.

Par l’inclusion et la participation.

Par la résilience des communautés.

Par le dialogue et la coopération entre les acteurs qui partagent la responsabilité du développement.

C’est également dans cette perspective que l’AMD souhaite inscrire davantage la prévention, la cohésion sociale et la sensibilité aux dynamiques de conflit dans ses interventions et ses partenariats.

La communauté internationale consacre des ressources considérables à répondre aux conséquences des crises. Cette réponse restera nécessaire aussi longtemps que des populations auront besoin d’être protégées, secourues et accompagnées.

Mais une ambition supplémentaire doit désormais s’imposer : réduire progressivement ce que nous aurons à réparer en investissant davantage dans ce qui peut être préservé.

Préserver une école avant qu’une génération ne perde son accès à l’apprentissage.

Préserver des institutions capables de fonctionner en période de tension.

Préserver les espaces de dialogue avant que les divergences ne deviennent des violences.

Préserver les perspectives économiques qui permettent aux populations de se projeter dans l’avenir.

Préserver, enfin, cette capacité essentielle des sociétés à résoudre leurs différends sans détruire ce qu’elles ont mis des générations à construire.

C’est le sens que l’Association Mondiale pour le Développement donne, en ce 21 septembre 2026, à l’expression « investir dans la paix ».

Il ne s’agit pas d’un investissement ponctuel.

Il s’agit d’un engagement qui commence avant la crise, se poursuit lorsque la paix est menacée et demeure nécessaire longtemps après que les armes se sont tues.

Parce que le véritable coût de la guerre ne se mesure pas uniquement à ce qu’elle détruit aujourd’hui, mais aussi à tout ce qu’elle empêche les peuples de construire demain.

Investir dans la paix, c’est donc faire un choix de développement : préserver aujourd’hui les conditions qui permettront aux peuples de construire leur avenir sans avoir, demain, à le reconstruire.

Fait à l’occasion de la Journée internationale de la paix
21 septembre 2026

Président exécutif

Hugues B. GNIMADI

Association Mondiale pour le Développement — AMD
Pour un progrès durable des peuples et des communautés